UN TRAITEMENT ATYPIQUE POUR SE SOIGNER SUR LA DURÉE

Suite à « l’évaluation posturale », il peut être conseillé de porter des semelles adaptées, de suivre des séances d’orthoptie (rééducation du système musculaire oculaire), de soigner ses dents etc. Des solutions étonnantes qui montrent l’importance de la prise en charge du corps dans sa globalité. Tout est lié : si nos chaines musculaires, osseuses (…) ont une incidence de la tête aux pieds, n’oublions pas que le cerveau est l’un des vecteurs majeurs de la somatisation. Prendre soin de soi avec la Reprogrammation Posturale est une méthode holistique tant préventive que corrective à adopter sans tarder.

A chaque fois il faut recalibrer le système postural pour équilibrer les contraintes, traiter les causes et non pas les symptômes, et mettre le muscle dans notre camp.

Pour recalibrer, reprogrammer le système postural il faut donc recalibrer les capteurs qui sont déréglés, avec toujours en priorité, le Pied et l’Oeil.
Mais il existe d’autres capteurs dont il faut tenir compte, comme les dents et les mâchoires, la peau et les éventuelles cicatrices dites pathologiques…

Et, point très important en posturologie, il faudra maintenir les corrections un minimum de dix mois – 1 an, pour avoir un effet durable dans le temps, de façon à engrammer, imprimer, au niveau central et périphérique, les bonnes boucles de fonctionnement neurologique, délai de 1 an minimum nécessaire pour jouer sur la plasticité neuronale (3 ans pour avoir une emprunte génétique selon les travaux de Kandel). Et plus on maintient les corrections en place, plus on joue sur la structure. Les Italiens nous ont montré qu’après 3 à 5 ans de recalibration posturale, on diminue l’angle de Cobb d’une scoliose chez l’adulte. On s’adapte au déséquilibre comme on s’adapte à l’équilibre postural !
Bien sûr il faut également utiliser les techniques complémentaires qui travaillent en synergie avec la posturologie, comme la rééducation à type de programme personnalisé bien entendu, le renforcement musculaire adapté, le stretching postural, l’ostéopathie, la mésothérapie, l’auriculothérapie, l’acupuncture, etc.
Et il faut aussi parfois traiter le symptôme, en attendant que le traitement de la cause produise son effet, en utilisant les antalgiques (de pallier I, II ou III), les AINS, les corticoïdes, les infiltrations péri ou intra-articulaires …

Mais, hormis certaines rares pathologies purement traumatiques ou, peut-être, purement dégénératives (consécutives à un traumatisme, une chute, des gestes nocifs répétitifs par exemple), il semble aberrant de penser traiter la cause d’une pathologie du système locomoteur avec ces seuls produits médicamenteux, tout comme il est aberrant de vouloir traiter un blocage ostéopathique dans le temps en « tapant une manipulation » sans avoir recalibré la posture, tout comme il est aberrant de vouloir traiter un trouble occlusal dentaire sans avoir recalibré le système postural avant, tout comme il est aberrant de faire de l’orthoptie sans recalibrer l’ensemble du système postural, tout comme il est aberrant de faire de la rééducation fonctionnelle sans avoir recalibré la posture avant, c’est aller à l’inverse de la logique !… Car tout est inter-connecté !
Tout comme il est aberrant de travailler sur un système sans savoir comment il fonctionne, car le système locomoteur et le système postural sont indissociables, il ne peut pas y avoir de mouvement volontaire sans mise en jeu du système tonique postural involontaire.
La posture est un acte moteur, le geste, le mouvement, peut être considéré comme une succession de différentes postures, le système tonique postural intervient tout au long du mouvement, avant, pendant et après le mouvement, et si le mouvement est déviant, ce n’est pas le mouvement qu’il faut corriger en premier mais la posture.

Texte du Docteur Alain BAUJET